Numéro 10, août 2022

DOI: https://doi.org/10.52358/mm.vi10

Publiée: 2022-08-22

Matthieu Cisel

Afin de favoriser le développement d’environnements numériques d’apprentissage utilisables en classe, fondés sur la recherche et répondant aux besoins des utilisateurs, l’État français a financé via les projets eFRAN des consortiums hétéroclites rassemblant industriels, acteurs du système éducatif et laboratoires. Si en premier abord, la composition des consortiums laisse penser que sont réunies toutes les compétences nécessaires à l’atteinte des objectifs affichés, les divergences entre acteurs ont pu nuire au processus de conception, comme nous le suggérons sur la base d’un cas d’étude : les Savanturiers du Numérique. Les différences de perspectives et d’intérêts, ainsi que les impensés dans les modalités de collaboration au sein du consortium, ont conduit à rechercher des consensus qui se sont fait, selon nous, au détriment de l’utilité et de l’utilisabilité de l’application numérique développée, le CNEC. Sur la base d’un suivi longitudinal de l’ensemble du processus de conception, nous livrons dans cette contribution, sous la forme d’un retour d’expérience, une analyse des difficultés du processus de conception associées à la multiplicité des points de vue qui se sont exprimés.

Matthieu Cisel

L’autoformation sur Internet a été longtemps étudiée au prisme de la notion d’apprentissage autodirigé. Sur le plan technologique, c’est initialement à travers la notion d’environnement personnel d’apprentissage (EPA) que l’agentivité des apprenants dans les pratiques d’autoformation a été étudiée. Ces écosystèmes d’outils digitaux permettent de structurer des apprentissages en dehors de tout cadre institué. La manière d’appréhender l’instrumentation du butinage pourrait néanmoins évoluer dans les années à venir au-delà du seul périmètre des EPA, et ce à au moins deux titres. En premier lieu, apparaissent des plateformes dédiées spécifiquement à l’apprentissage autodirigé en ligne, réunissant en un seul endroit des fonctionnalités auparavant dispersées au sein d’une palette d’outils génériques. En second lieu, les normes du e-learning évoluent pour prendre en compte des apprentissages informels réalisés en dehors de dispositifs de cours en ligne. Ce changement de paradigme est symbolisé par le remplacement progressif de la norme SCORM par la norme xAPI. Dans cette contribution, nous présentons cette évolution tant des plateformes que de la manière de considérer les analytiques de l’apprentissage. Nous débattons de la signification de cette évolution en termes de manière de penser, sur le plan technologique, l’apprentissage en ligne autodirigé.