Numéro 8, août 2021

Varia 2021

Prépublication - Le numéro sera publié en fin d'année.

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DOI: https://doi.org/10.52358/mm.vi8

Publiée: 2021-08-24

Matthieu Cisel

Le Carnet-Numérique de l’Élève-Chercheur (CNEC) est une application dont la fonction principale est d’étayer des démarches d’investigation. Il vise notamment à faciliter la rédaction de propositions scientifiques : questions, formulation d’hypothèses ou de protocoles. Au cours d’une étude de terrain menée auprès de quatre enseignants dans deux écoles primaires et deux collèges, nous nous sommes intéressé aux modes d’appropriation de la technologie par les praticiens. Nous avons mobilisé la théorie de l’activité d’Engeström pour appréhender, au prisme de la notion de contradiction, les tensions que génère en classe l’utilisation des étayages. Bien que les intentions didactiques portées par le CNEC soient alignées avec les programmes, elles entrent en contradiction avec la manière dont les praticiens mènent généralement une démarche d’investigation. Le risque de dévoiement des fonctionnalités s’en trouve accru, ce qui limite la possibilité d’utiliser les étayages pour la formation continue des enseignants, l’un des rôles qui leur avait été initialement attribué.

Matthieu Cisel

En France, on demande de manière croissante aux laboratoires d’accompagner les projets de conception de technologies éducatives, sans nécessairement les mettre en position d’influer significativement sur ledit processus de conception. Pour pouvoir produire des résultats scientifiques, les chercheurs sont mis face à la nécessité de formuler leurs problématiques de sorte que les inévitables aléas de projets de conception inscrits dans la durée n’affectent pas de manière conséquente la productivité de leur travail. Dans cette contribution fondée sur un cas d’étude, le Carnet Numérique de l’Élève-Chercheur, nous revenons sur les trajectoires de plusieurs problématiques explorées dans le cadre de sa conception. Là où certaines sont imperméables aux difficultés du projet, d’autres doivent disparaître ou évoluer du fait de problèmes techniques rencontrés par le prototype, voire apparaissent en cours de conception, quand apparaît l’opportunité de produire des résultats originaux. Nous détaillons, sous la forme d’un retour d’expérience, les raisons sous-tendant ces choix.

Sophie Nadeau-Tremblay, Jessica Métivier

L’initiative École en réseau (ÉER) soutient des enseignants à collaborer autour de projets interclasses pour enrichir et diversifier l’environnement d’apprentissage par le numérique (Allaire et al., 2008). Les pratiques mises en œuvre ont permis de développer dans ÉER une expertise dans le travail en réseau et l’apprentissage connecté (Bruillard et al., soumis). Au printemps 2020, la situation mondiale a forcé le monde éducatif à revoir leurs manières de soutenir les élèves. La transposition de la classe en réseau, à la classe à distance fut aisée pour les enseignants d’ÉER. L’article relate l’innovation, la collaboration et l’apprentissage en réseau de cette forme pédagogique particulière mise en œuvre par ÉER pour la formation à distance des enseignants et l’enseignement à distance de l’ordre préscolaire et primaire.

Don Olcott Jr.

Cet article soutient que la transformation numérique et le leadership numérique sont des mythes. Le leadership numérique est une illusion et n'existe pas. Il n'y a qu'un bon leadership et un mauvais leadership... ou aucun leadership. Il est faux de penser qu'ajouter plus de technologie modifiera la qualité du leadership et conduira à une transformation organisationnelle. La transformation numérique n'est pas une question de technologie. Il s'agit de leaders visionnaires qui ont la capacité de conduire un changement systémique et d'apporter un nouveau continuum d'avantages à tous les acteurs. Ces leaders intègrent les changements dans les valeurs, la culture et l'objectif de l'organisation.  Les outils numériques ne sont qu'une des ressources qui aident les dirigeants dans cette quête. Aujourd'hui, le continuum de qualité de l'enseignement ouvert et à distance est plus fort que jamais dans l'histoire de la profession. Certes, il y a et il y aura des changements futurs dans les pédagogies, mais des pédagogies puissantes existent déjà. Nous devons simplement les dégrouper et les intégrer dans toutes les disciplines à l'aide d'outils numériques. Un leadership visionnaire qui apporte empathie et confiance pour responsabiliser et engager les étudiants, le corps enseignant et la communauté est l'outil le plus puissant dont nous disposerons à l'avenir. Les personnes, et non la technologie, sont la ressource la plus précieuse de nos organisations.

Isabelle Carignan, Steve Bissonnette, Marie-Christine Beaudry

École à distance, cours asynchrone, cours en ligne synchrone : la pandémie mondiale entraine une scolarisation des élèves à la fois en présentiel et en virtuel. Le présent article propose une réflexion sur l’école virtuelle. Basé à la fois sur des observations de parents-chercheurs et des écrits scientifiques, l’article met en relief les points positifs et négatifs liés à l’école virtuelle. Il ressort notamment que l’école virtuelle ne peut devenir une solution à long terme, et ce, ni pour les élèves et leurs enseignants, ni pour les parents. L’école virtuelle constitue donc une solution d’urgence à court terme pendant la pandémie.

Martha Lucia Orellana Hernandez, Gustavo Adolfo Angulo Mendoza

Afin de former des chercheurs de haut calibre qui contribueront au développement scientifique du pays, trois universités colombiennes se sont associées pour offrir un programme de doctorat en génie, qui comporte trois axes de recherche : l’automatisation, l’énergie et l’informatique. Le programme a été agréé par le ministère de l’Éducation de la Colombie pour être offert en mode présentiel. Pour satisfaire à l’exigence de présence physique, les étudiants se rendent sur le campus de l’établissement où ils se sont inscrits. Toutefois, chaque cours est donné, au moyen d’un système de vidéoconférence, par un professeur qui peut se trouver dans l’une des trois universités partenaires. En raison de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, ni les étudiants ni les professeurs n’ont pu être présents physiquement et ont été contraints de suivre et de dispenser leurs cours entièrement à distance. Cette nouvelle réalité a été le catalyseur qui a poussé les autorités universitaires à vouloir transformer la modalité de diffusion du programme. Dans cet entretien, trois professeurs présentent leurs perceptions au sujet de cette transformation.