Vers des solidarités numériques en éducation : possibles champs d’action

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La pandémie de COVID-19 se présente comme un événement de rupture qui aura potentiellement un impact structurant et durable sur l’éducation (Bernatchez et Alexandre, 2021). Plus que jamais, les enjeux politiques et pédagogiques du numérique en éducation requièrent la coconstruction de solidarités numériques entre la communauté des chercheurs et celle des praticiens alors que l’importance du « territoire de questionnement » (Bouchard, 2011) est exacerbée par l’urgence d’agir.

La solidarité se définit selon « un rapport existant entre des personnes qui, ayant une communauté d’intérêts, sont liées les unes aux autres » (Larousse, 2022). Ce sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque en éducation a récemment émergé au niveau micro (enseignants, conseillers pédagogiques, chercheurs) comme au niveau méso (services de soutien, établissements et ministère). Différentes formes de solidarité sont apparues pour permettre une continuité de l’éducation malgré les mesures de distanciation et de confinement visant à endiguer la pandémie (Papi, 2021).

Les actions de solidarité et d'entraide en matière de nouvelles technologies ne sont pas nouvelles. Elles ont émergé au cours des années 70 afin de venir en aide à la population des pays moins avancés (Huang, 2013). Menées par les organisations internationales, ces actions visent notamment à éviter l’exclusion numérique au profit de l’avènement d’une société numérique inclusive (Mazet 2019). De façon générale,

La solidarité numérique renvoie à l’émergence d’une société nouvelle dans laquelle le citoyen du monde, quel que soit son lieu de résidence, son niveau de revenu ou d’éducation, ses qualifications professionnelles, son sexe ou son âge, pourrait disposer de toutes les facilités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication (TIC) (Loum, 2010, p.130).

Or, encore à ce jour peu de « travaux d'analyse ont été réalisés sur la notion de solidarité numérique » (Huang, 2013, p. 79). Le concept de « solidarité numérique » en éducation mérite que l’on s’y attarde, car il s’avère prometteur dans la réduction de la fracture numérique devenue un « enjeu éducatif majeur, de culture générale scientifique et technique pour tous » (Archambault, 2009, p. 2).

La mobilisation des acteurs éducatifs vers de possibles champs d’action collectifs, dynamiques et interdépendants marquée par la mutualité, la réciprocité, la coopération et l’entraide est au cœur de ce questionnement. C’est dans cette perspective que nous sollicitons des contributions de chercheur(e)s, mais aussi de praticien(ne)s et d’étudiant(e)s intéressé(e)s à partager leurs recherches, analyses ou réflexions autour des questions suivantes :

  • Comment la recherche en éducation peut-elle repérer et analyser les initiatives de solidarités numériques ?
  • Quelles pratiques de solidarités numériques au service de l’enseignement et de l’apprentissage a-t-on pu voir émerger pour répondre aux enjeux de continuité pédagogique ?
  • Quels sont les rôles de chacun des acteurs dans le développement d’une culture de solidarité numérique en éducation ?

Cet appel à contribution s’inscrit dans les suites du colloque ROC 2021 sur le thème Solidarités numériques en éducation : une culture en émergence, mais il n’est pas nécessaire d’y avoir participer pour soumettre une proposition. Il est ouvert à diverses théories, modèles, méthodes, systèmes et outils susceptibles d’éclairer les pratiques en matière d’usage des technologies à des fins d’enseignement et d’apprentissage, et ce, quels que soient le milieu (milieu scolaire, organisations privées, publiques et communautaires) ou la modalité de formation (en présence, à distance ou hybride), et quels que soient l’âge ou le profil des apprenants.

Différents types et formats de publication sont envisageables (article de recherche, de praticien, d’étudiant, de débat, etc.). Les contributions peuvent être rédigées en français, en anglais ou en espagnol.

Références

Archambault, J. P. (2009). Fracture et solidarité numériques. EpiNet, 117(1). http://www.epi.asso.fr/revue/articles/a0909b.htm

Bernatchez, J. et Alexandre, M. (2021). De la transition « formation en présence - formation à distance » à l'université au temps de la COVID-19. Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire / International Journal of Technologies in Higher Education,18(1), 241-253. https://doi.org/10.18162/ritpu-2021-v18n1-21 

Bouchard, Y. (2011). De la problématique au problème de recherche. Dans La recherche en éducation : Étapes et approches (p. 63-81). ERPI.

Huang, P. (2013). La solidarité numérique : Réponse locale à l'exclusion et redéfinition des stratégies de développement en matière de tic. [Thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal]. https://archipel.uqam.ca/5698/

Larousse (2022). Solidarité. https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/solidarité/73312

Loum, N. (2010). La solidarité numérique analysée sous le double prisme de la communication et du développement international. Dans Au coeur et aux lisières des SIC. (p.130-137). Actes du XVIIe Congrès de la Société des Sciences de l'Information et de la Communication, Dijon.

Mazet, P. (2019). Construire une société numérique pour tous. Communication présentée dans le cadre des Rencontres professionnelles de la solidarité numérique de Bordeaux « Agir pour l’inclusion numérique ». Halles des Douves.

Papi, C. (2021, 8 janvier). Enseignement à distance : Source de renouveau pédagogique? La Conversation. http://theconversation.com/enseignement-a-distance-source-de-renouveau-pedagogique-151625

Calendrier

  • Avis d’intention : jusqu’au 7 mars 2022
  • Envoi des soumissions : jusqu’au 18 avril 2022
  • Retour d’évaluation : 13 juin 2022
  • Dernière version des contributions : 11 juillet 2022
  • Publication du numéro thématique : novembre 2022

Dès maintenant, si vous envisagez de soumettre un article, vous devez envoyer un avis d'intention au coordonnateur du numéro. :

Ce courriel doit préciser :

  • le titre;
  • le type de la contribution envisagée (article de recherche, de praticien, d’étudiant, de débat, etc.);
  • un résumé d’une demi-page.

Coordination de ce numéro thématique :

Marie Alexandre, Université du Québec à Rimouski (marie_alexandre@uqar.ca)
Cathia Papi, Université TÉLUQ (Cathia.Papi@teluq.ca);
Patrick Plante, Université TÉLUQ (Patrick.Plante@teluq.ca);
Alain Stockless, Université du Québec à Montréal (stockless.alain@uqam.ca);
Robert Grégoire REFAD (Robert.Gregoire@refad.ca).

Rédactrice en chef : Cathia Papi, revue-mediations@teluq.uquebec.ca

Les soumissions se font sur le site de la revue : https://revue-mediations.teluq.ca/index.php/Distances/about/submissions

 

En tout temps, la revue Médiations et médiatisations accepte aussi des soumissions hors thématiques pour publication dans un numéro régulier.